Binance veut rester en Europe malgré le revers MiCA en Grèce

Binance veut rester en Europe malgré le revers MiCA en Grèce

Par Mattis Meichler du Cryptoast

L’exchange n’a plus que quelques jours pour obtenir la licence MiCA, sous peine de devoir quitter l’Europe.

Binance veut rester dans l’UE, malgré l’échec grec

« Binance ne quitte pas l’Europe. » C’est par cette phrase que Gillian Lynch, responsable Europe et Royaume-Uni de la plateforme, a répondu à Reuters après le rejet attendu de sa demande d’agrément MiCA en Grèce. Le numéro un mondial des échanges crypto refuse ainsi de baisser les bras face à la nouvelle réglementation européenne sur les marchés de crypto-actifs (MiCA).

Nous aurons peut-être simplement une autre voie pour être autorisés. Si ce n’est pas la Grèce, j’examine d’autres alternatives

Le calendrier, lui, est implacable. Binance dispose d’environ une semaine pour décrocher une licence valide avant l’expiration de son autorisation transitoire d’opérer dans l’Union européenne. Sans agrément, la plateforme devra fortement réduire ses activités auprès des clients européens à partir du 1er juillet.

Plusieurs régulateurs sollicités, plusieurs refus

Selon deux sources citées par Reuters, Binance aurait engagé des discussions avec les régulateurs d’Irlande, de Lettonie et de Grèce, mais s’est heurté à des résistances dans chacun des trois pays. Officiellement, l’entreprise n’a déposé qu’un seul dossier complet, en Grèce, après avoir approché quatre à cinq autorités nationales.

Les motifs de blocage évoqués par les régulateurs sont récurrents. Il s’agit notamment des sanctions passées pour blanchiment d’argent aux États-Unis, d’une structure internationale jugée trop opaque et d’une culture de prise de risque considérée comme incompatible avec les exigences de gouvernance imposées par MiCA.

Selon plusieurs médias, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, se serait personnellement opposée à la demande de Binance en Grèce. Une information que ni la BCE ni Athènes n’ont commentée publiquement.

Plusieurs sources indiquent que Binance envisagerait désormais de déposer une nouvelle demande d’agrément en France, sans confirmation officielle à ce stade ni du côté de la plateforme, ni du côté des autorités françaises.

MiCA, un grand tri pour le marché crypto européen

L’ensemble du secteur crypto se trouve actuellement à un moment charnière. À partir du 1er juillet, la période transitoire prévue par MiCA prendra définitivement fin. Les acteurs non agréés devront soit cesser de servir leurs clients européens, soit arrêter complètement leurs activités dans l’UE.

À ce jour, seules 265 entreprises sur 5000 régulées ont obtenu un agrément complet, dont une vingtaine en France. Un taux très faible, qui a fait dire au dirigeant de la plateforme OKX que 80% des échanges présents en Europe ne survivront pas à MiCA.

Plusieurs concurrents de Binance ont déjà sécurisé leur position. Coinbase a obtenu son agrément en Irlande, Kraken en Irlande et au Luxembourg, tandis que Revolut a décroché le sien auprès du régulateur chypriote dès fin 2023. En France, Meria, la société fondée en 2017 par Owen Simonin (Hasheur), a annoncé mardi son entrée dans ce club VIP.

Gillian Lynch affirme de son côté que Binance a investi massivement dans la conformité, avec environ 1 500 salariés dédiés, et qu’aucun sujet en suspens ne justifierait selon elle le rejet de son dossier. Reste à savoir si un autre régulateur national acceptera d’ouvrir la porte avant la date butoir.

Source : https://cryptoast.fr/binance-veut-rester-en-europe-malgre-le-revers-mica-en-grece/

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