Bitcoin et le risque quantique : l’alerte 21Shares aux gestionnaires de fonds

Bitcoin et le risque quantique : l’alerte 21Shares aux gestionnaires de fonds

Par Alex Griset du Cryptoast

Dans un rapport publié début juin 2026, l’émetteur d’ETP 21Shares alerte les gestionnaires d’actifs sur le risque quantique pesant sur Bitcoin, Ethereum et Solana. La menace n’est pas imminente, mais la fenêtre de préparation se referme plus vite que prévu.

Une menace réelle, mais qui vise les détenteurs et non la blockchain

21Shares a publié une note intitulée Quantum computers can’t break Bitcoin yet – but the preparation window is shorter than you think. Selon l’entreprise, l’informatique quantique ne menace pas l’historique des transactions validées, la sécurité du minage, ni le chiffrement des données stockées sur la blockchain.

Le point critique concerne plutôt la preuve de propriété : les signatures cryptographiques qui permettent d’autoriser une transaction. Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait, en théorie, dériver une clé privée à partir d’une clé publique exposée et prendre le contrôle de fonds existants.

Un représentant de 21Shares indique que le sujet est devenu central dans les échanges avec les investisseurs institutionnels, au point d’être évoqué dans la majorité de leurs réunions récentes.

Le seuil se rapproche, mais aucune machine assez puissante n’existe encore

Des estimations situent l’arrivée d’un ordinateur quantique « cryptographiquement pertinent » entre le début des années 2030 et au-delà de 2040.

Une recherche conjointe publiée en mars 2026 par Google Quantum AI, l’Ethereum Foundation et l’université de Stanford aurait toutefois réduit d’environ 20 fois les ressources nécessaires pour casser la cryptographie de Bitcoin et d’Ethereum, grâce à une approche algorithmique plus efficace.

21Shares mentionne également un tableau de bord permettant d’estimer le nombre de bitcoins « à risque » ; à la date évoquée, environ 7 millions de BTC seraient exposés si leurs clés publiques sont révélées.

Une menace « harvest now, decrypt later » déjà active

Même sans machine quantique suffisamment puissante aujourd’hui, un scénario dit « harvest now, decrypt later » est évoqué : des attaquants peuvent collecter dès maintenant des données ou informations de comptes exposées pour les déchiffrer plus tard, lorsque la technologie sera mature.

21Shares met en avant des points de concentration potentiellement vulnérables, comme les bridges inter-chaînes, les trésoreries partagées (multisigs de DAO, comptes de plateformes) et certains opérateurs de réseau.

Bitcoin, Ethereum et Solana ont commencé à bouger

Côté protocoles, 21Shares note que Bitcoin a franchi une première étape en février 2026 avec la proposition BIP-360, qui introduit un format d’adresse résistant au quantique.

Ethereum disposerait déjà de code opérationnel et de plusieurs équipes travaillant à la migration, tandis que Solana aurait défini un chemin de récupération pour ses utilisateurs.

L’entreprise rappelle que de nombreux protocoles utilisent encore des méthodes cryptographiques en cours d’abandon ailleurs, alors que les États-Unis imposeront de la cryptographie post-quantique pour certains nouveaux systèmes de sécurité nationale à partir de janvier 2027.

Pour 21Shares, la migration pourrait s’étaler sur cinq à sept ans pour Bitcoin seul, et les acteurs qui se prépareront tôt (réseaux, plateformes, dépositaires) porteraient un risque structurel moindre.

Source : https://cryptoast.fr/risque-quantique-et-bitcoin-21shares-alerte-gestionnaires-fonds/

Nouvelles