MiCA : sans licence au 30 juin, les exchanges crypto seront blacklistés et poursuivis par l’AMF
Par Le Journal Du Coin du Journal du Coin
Tic, tac, tic, tac. Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés financiers (AMF) française, a prévenu sans détour jeudi 28 mai : les plateformes crypto qui n’auront pas obtenu leur licence MiCA avant le 30 juin 2026 seront inscrites sur des listes noires et feront face à des mesures d’exécution, y compris des poursuites judiciaires, si elles continuent de solliciter des clients européens sans autorisation.
La deadline MiCA
Pour comprendre l’urgence du message, un rappel s’impose. Le règlement MiCA, adopté en 2023, apporte une supervision réglementaire à l’industrie crypto en Europe.
Concrètement, MiCA impose aux plateformes crypto d’obtenir une licence auprès du régulateur d’un pays membre de l’UE, qu’elles peuvent ensuite « passeporter » pour opérer dans l’ensemble des 27 États membres.
La date butoir pour obtenir cette licence est fixée au 30 juin 2026. Les régulateurs européens avaient déjà averti que les entreprises sans licence devaient préparer des « plans de fermeture ordonnée ».
Jusqu’ici, le ton restait relativement diplomatique. Ce n’est plus le cas.
L’AMF hausse le ton
« C’est devenu très, très urgent de finaliser les dossiers de demande de licence », a déclaré Barbat-Layani aux journalistes de Reuters jeudi.
Les conséquences pour les récalcitrants sont clairement posées : liste noire, mesures d’exécution, et poursuites judiciaires pour toute plateforme qui continuerait à démarcher des clients européens sans autorisation après la deadline.
Le dossier maltais et la menace du veto français
La présidente de l’AMF a aussi réaffirmé une position française sensible : la France serait prête à bloquer le passeportage de licences accordées par d’autres pays si elle n’est pas en accord avec la décision de ce pays.
Cette mise en garde vise implicitement Malte, dont la rapidité dans l’octroi de licences MiCA a déjà attiré l’attention de l’ESMA.
Barbat-Layani a précisé qu’un tel veto serait un dernier recours, et qu’il représenterait un « grave échec collectif » pour l’Union européenne.
La pression monte pour les exchanges crypto
Pour les exchanges qui n’ont pas encore finalisé leur dossier, la pression est maximale : les 30 jours restants suffisent à peine pour finaliser des dossiers réglementaires complexes mobilisant des équipes juridiques pendant des mois.
Plusieurs grandes plateformes opèrent encore en Europe sous des régimes transitoires nationaux qui expireront avec MiCA.
Celles qui auront franchi la ligne à temps (OKX, Coinbase, Bitstamp et quelques autres) bénéficieront d’un avantage structurel.
Les autres devront choisir entre fermer leurs opérations européennes, basculer vers un modèle B2B, ou prendre le risque de la liste noire.
En pratique, les entreprises sans licence devront avoir des « plans de fermeture ordonnée » en place, ce qui implique de geler les inscriptions et préparer un retrait progressif du marché.
MiCA était jusqu’ici davantage une promesse réglementaire qu’une contrainte opérationnelle. Le 30 juin change la donne, et le discours de l’AMF marque le passage d’une phase de transition à une phase d’exécution.