Un chercheur remporte 1 BTC pour avoir cassé une clé elliptique grâce à un ordinateur quantique
Par Marius Off-Chain du Cryptoast
Un chercheur a récemment obtenu une récompense de 1 BTC après avoir réussi à casser une clé cryptographique basée sur une courbe elliptique à l’aide d’un ordinateur quantique.
Présentée comme une avancée notable, cette démonstration relance les interrogations sur la sécurité de Bitcoin face aux progrès du calcul quantique.
Une démonstration expérimentale de l’ordinateur quantique sur une clé ECC de 15 bits
Depuis près d’un an, les débats autour du risque quantique s’intensifient au sein de l’écosystème Bitcoin.
À mesure que les recherches progressent, certains membres de la communauté s’inquiètent d’une remise en cause à terme des schémas cryptographiques actuels, tandis que d’autres acteurs s’appuient sur ces avancées pour alimenter un discours alarmant sur la sécurité de Bitcoin.
Project Eleven, une entreprise spécialisée dans la recherche sur la sécurité post-quantique, a attribué une récompense de 1 BTC à Giancarlo Lelli, chercheur indépendant, pour avoir réussi à dériver une clé privée à partir de sa clé publique sur une courbe elliptique.
L’expérience a été réalisée à l’aide d’un ordinateur quantique et porte sur une clé de petite taille, de 15 bits, soit un espace de recherche de 32 767 combinaisons possibles.
Pour retrouver cette clé, le chercheur a utilisé une version adaptée de l’algorithme de Shor, une méthode théorique conçue pour s’attaquer au problème mathématique sur lequel repose la sécurité des signatures utilisées par Bitcoin.
L’objectif était de retrouver une clé privée à partir de sa clé publique, soit le scénario théorique par lequel un ordinateur quantique pourrait compromettre des fonds sur Bitcoin.
Cette expérimentation remet-elle en cause la sécurité de Bitcoin ?
Si la démonstration de Giancarlo Lelli constitue une progression technique, sa portée reste limitée, voire insignifiante.
En pratique, l’ordinateur quantique n’a pas fait tout le travail : il a généré des pistes ensuite testées avec des méthodes classiques pour vérifier si le résultat est le bon.
Le processus repose donc en partie sur des techniques traditionnelles, ce qui le rapproche davantage d’un brute-force assisté par le quantique que d’une véritable attaque.
L’écart entre l’expérience de Lelli et les conditions réelles d’utilisation de Bitcoin reste considérable.
Le protocole Bitcoin utilise des clés de 256 bits, soit un espace de recherche de \(2^{256}\) possibilités.
Passer de 15 à 256 bits ne correspond pas à une simple amélioration progressive, mais à un saut de complexité d’environ \(2^{241}\).
En résumé, trouver la clé privée à partir d’une clé publique de 15 bits reviendrait à chercher un livre précis aléatoirement dans une bibliothèque municipale (32 767 possibilités), alors que le faire à partir d’une clé publique de 256 bits reviendrait à chercher un livre précis aléatoirement parmi toutes les bibliothèques du monde.
Source : Project Eleven